L’aventure s’est achevée il y a maintenant
une dizaine de jours.
Cet article sera probablement le dernier
posté sur ce blog, conçu spécialement
pour l’occasion et qui n’a donc pas vocation à perdurer.
Ce MDS a été plus difficile que je ne le
pensais. Si je m’attendais à une course extrême, en revanche, je ne pensais pas
que les conditions de bivouac seraient si précaires. Cet élément fait partie
intégrante du « folklore » et il ne faut pas le sous estimer. Le
confort est inexistant, l’hygiène plus qu’insuffisante.
La vie en communauté, au bivouac est aussi
un élément important. Il faut avoir la chance de partager la tente berbère avec
des personnes sympas, solidaires et participantes à la vie du soir (ramassage
du bois pour le feu …).
Le sommeil est réparateur…… pas au MDS.
Malgré une extinction des feux précoce (vers 21h) et la fatigue de la journée,
il est difficile de dormir correctement. Les nuits sont un peu fraiches (10°)
et le sac de couchage d’un faible poids et encombrement (440 gr pour le mien)
ne permet pas toujours un confort optimal. De nombreux concurrents dorment uniquement sur le petit tapis installé dans la tente à même les
cailloux. La place est limitée (1 mètre maxi entre 2 personnes). Il suffirait
de tendre le bras, pour enlacer le copain d’à côté !! Malgré les somnifères
et boules kiés les nuits ne dépassent pas quelques heures. Le levé se fait
généralement vers 5h30/6h00 avec le soleil. Les tentes sont démontées très tôt
(pour être remontées au bivouac suivant). Il est donc courant de se retrouver
vers 7h00 sans toit en attendant le départ de l’étape à 8h30 ou 9h00, déjà au
soleil !!
Que dire également du peu de nourriture
ingurgitée pendant ces 6 jours. Certes, chaque concurrent est libre de
transporter plus pour manger plus, mais c’est utopique de vouloir compenser les
calories perdues chaque jour, sauf à transporter un sac de 20kg : nous
sommes des coureurs, pas des sherpas !!
Pour exemple, ma montre indiquait une
dépense calorique de 4000 Kcal à chacune des 2 premières étapes. Si l’on
rajoute la dépense hors course, celle-ci doit avoisiner les 6000 Kcal quotidienne.
Si la température est restée clémente les
premiers jours (30°), elle n’a fait que s’accentuer au fil des étapes, pour
atteindre 57° entre le CP2 et le CP3 lors de l’étape longue. Un taux
hygrométrie faible (15% d’humidité) fait supporter cette chaleur.
Paradoxalement, nous ne transpirons pas, car la sudation est asséchée
immédiatement, d’où un risque important de ne pas sentir la déshydratation. Les
quantités d’eau absorbée sont énormes (12 litres par jour en moyenne et 22
litres sur la grande étape) et il faut bien tout çà !!
2 pastilles de sel sont avalées à chaque
ravitaillement pour compenser la perte en sodium.
Le marathonien coure avec ses pieds (oui,
un peu aussi avec sa tête !!). Ceux-ci endurent une extrême sollicitation.
Malgré la pose de guêtre sur les chaussures , le 100% hermétique n’existe
pas. Sable et sudation ne font pas bon ménage pour les pieds. Quelques grains
dans les chaussures lors de traversées de dunes font l’effet d’un papier de verre sur les
orteils !! Très peu nombreux sont les coureurs qui finissent sans une
ampoule. L’excellent travail des doc trotters, le soir au bivouac, permet de
soigner les bobos de la journée et de repartir le lendemain, tant bien que mal
pour certain. J’ai vu des participants qui n’avaient plus un centimètre carré
de peau sous les pieds ; 10 poupées de pansements aux orteils et quelques
mètres d’élastoplaste, est le tour est joué… jusqu’au lendemain.
Voici à quoi ressemblaient mes pieds après 4 jours :
Comment vous donnez envie après cette
description !!!
Tout simplement parce que ces conditions
rudes de course sont cent fois compensées par la beauté des paysages, par les
rencontres que l’on peut faire, par
l’envie de se dépasser et par la volonté de se prouver quelques chose...
Ce message n’a pas pour but de commenter
mes résultats sportifs qui n’intéressent probablement pas grand monde, mais je
l’espère susciter l’envie parmi quelques lecteurs.
Il faut un peu démystifier l’événement. De nombreux participants n’ont
pas un niveau sportif élevé. Il suffit souvent de vouloir pour pouvoir. Si
votre rêve est au MDS, alors donnez vous les moyens de le réaliser.
« Il faut vivre ses rêves et non pas
rêver sa vie… »
Et si par bonheur, j’avais à travers cet
écrit, « déchaîné » des passions, je serais ravi de m’entretenir avec
vous et vous donner si besoin quelques
conseils d’amateur un peu éclairé (j’ai pas dit illuminé !!).
Bien à vous
Stéph petit trail berbère finisher.
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